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femmes ont été opprimées pendant deux millénaires en Chine. Et le cinéma se prête merveilleusement à leurs histoires complexes et douloureuses... Mais les temps changent. Et à son avis, les Chinoises, qui ont pié tiné si longtemps, ont beaucoup progressé récemment. « La situation sociale des femmes évolue. Rapidement dans les villes, où les femmes ont un statut égal à celui des hommes, et parfois supérieur. Par exemple, le chef de notre délégation est une femme, Mme Zhao Shi, sous-ministre de la Radio, du Film et de la Télévision en Chine, et elle est plus jeune que moi ! Mais l'évolution est, hélas, beaucoup plus lente en milieu rural, où il existe encore une grande inégalité entre les femmes et les hommes, profondément ancrée dans les mentalités. On apprécie toujours bien davantage les garçons que les filles. » Tous ses films sont d'époque, saauf le dernier, Keep Cool, tourné autour d'un jeune héros contemporain et en milieu urbain. On peut en déduire que Zhang Yimou se sent davantage inspiré par la nouvelle Chine unifiée. « Depuis dix ans, nuance-t-il, la vie s'améliore pour tout le monde en Chine, y compris pour les cinéastes. Certains ont même une voiture ! Avec le rapatriement de Hong Kong et le formidable essor suscité par l'économie de marché, on trouve de plus en plus de producteurs privés, prêts à investir dans le travail de création. Personnellement, je n'ai pas besoin de courir après l'argent. Ce serait plutôt l'argent qui me court après ! » Et sur le plan de la liberté d'expression? « Alors là, le progrès est relatif. Si maintenant l'État finance tres peu la production cinématographique--entre 100 et 150 longs métrages par année -- il tient toujours le cinéma, non pas pour une industrie, mais une affaire de culture, et il exerce en conséquence un contrôle sur les idées transmises à l'écran. On ne peut pas faire ce qu'on veut ! » À son avis, face au cinéma de divertissement (américain) le cinéma chinois n'est tout simplement pas compétitif sur son propre marché. « Mais en matière culturelle et artistique, le cinéma chinois est toujours très fort. » Non, les États-Unis ne lui ontpas fait signe. « Je ne parle pas l'anglais, dit-il, et je ne sais rien de ce pays. Or, je ne puis traiter que de ce que je connais bien : la Chine. » Depuis 1987, Zhang Yimou a tourné un long métrage par an. Mais cette année, il en tournera deux, avec dans les rôles principaux, des actrices encore à trouver. Un cinéaste majeur. À suivre. |
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